N’ayez pas peur du Lean Startup – Lisez ceci

Le Lean Startup et d’autres nouvelles méthodes ont tendance à faire peur aux entreprises notamment à cause du changement qu’il peut générer dans la manière de gérer un projet. Lorsque nous lançons une initiative innovante ou un nouveau business, nous avons tendance (et moi le premier) à appeler cela un projet. Bien que cela soit correct sémantiquement parlant, votre projet n’est pas un projet ! Cette distinction est très importante et peut expliquer l’avènement de nouvelles méthodologie comme les méthodes Agiles ou de Lean Startup et nous verrons qu’elles ne sont pas incompatibles avec la tradition.

Lean Startup Cloud

Lean Startup Cloud

Si on part de l’hypothèse que c’est effectivement un projet nous allons donc le gérer comme tel en utilisant des méthodologies reconnues et appliquées de par le monde. Et comme le disent ces fameuses « nouvelles méthodes », la gestions de projet classique n’est pas adaptée à un environnement aussi incertain.

Ceci n’est pas un projet

Un projet est un ensemble d’activités que l’on réalise dans un temps défini en mobilisant des ressources humaines et/ou matérielles pour un budget donné afin de produire un résultat.

Stricto sensu, la notion de projet est finie en termes de temps, de capacité, de budget et de finalité. Or dans le cadre d’un nouveau business ou d’une innovation le temps, les capacités et le budget sont à géométrie variable. Ceci n’est pas un projet ! CQFD

Oui mais c’est quoi alors ?

C’est là qu’intervient la notion de programme dans le vocabulaire traditionnel. Si on veut l’expliquer simplement, c’est une sorte de metaprojet.  Le programme définit un cadre dans lequel les différents projets vont évoluer de manière à assurer que l’ensemble de ces projets convergent vers un objectif commun.

De par sa complexité et son niveau d’incertitude, le lancement d’un nouveau business ou d’une innovation peuvent très bien être considérés comme un programme dont les projets sont les différents groupes d’activités nécessaires à l’atteinte de l’objectif fixé c’est à dire le succès du business ou de l’innovation.

Le programme n’est donc pas fini dans le temps et par conséquent pas planifiable comme pourrait l’être un projet. Par ailleurs, contrairement à un projet qui délivre sa valeur en fin de course, le programme lui délivre sa valeur en continu au fur à mesure des projets qui le compose.

Focalisons nous sur les risques

Au final, c’est une simple histoire de convention et on peut y mettre ce que l’on veut dedans pour autant que tout le monde le comprenne. Ce qu’il faut savoir avant tout c’est que la gestion de projet ou de programme ont pour rôle de mieux contrôler les risques inhérents à tout projet ou programme. La gestion de projet ou de programme, c’est donc une gestion des risques ! Apprenez à identifier les risques et à les solutionner rapidement.

Lorsqu’on analyse les différentes méthodologies ou approches dans la gestion de projet, de lancement de startup etc. sous l’angle de la gestion des risques on remarque qu’au final, ces approches sont fondamentalement identiques. La seule différence réside dans le risque majeur qu’elles ont identifié au départ et qui constitue la base de leur théorie de la gestion de projet. En effet, cette théorie visera principalement à réduire le risque majeur qu’elles ont identifié au départ par l’utilisation d’outils, processus ou canvas divers.

Les méthodologies dites « classiques » de gestion de projet se basent essentiellement sur l’hypothèse qu’un cahier des charges détaillé est le moyen principal pour définir un plan d’exécution sans faille tout en réduisant au maximum les risques. Car le risque principal identifié dans l’approche classique est le fait que le produit final ne corresponde pas à ce qui était demandé.  En gros, plus on est précis et moins il y a de risque que le produit final dévie de ce qui avait été demandé. Cela suppose donc que l’on sache précisément ce que l’on souhaite comme produit et si on change en cours de route, alors le planning et le budget évolueront en conséquence.

Le Lean Startup n’est pas de la gestion de projet

Si on aborde le Lean Startup, l’hypothèse de départ est justement que nous n’avons qu’une idée très limitée de ce que sera réellement le produit final car nous ne pouvons préjugé des besoins des clients. L’approche Lean Startup visera donc a tenter de découvrir ce dont ont besoin les clients en réalisant rapidement des itérations sur un produit final le plus simple possible (le fameux Minimal Viable Product) et le plus rapidement possible. Vous trouverez plus d’information ici : http://theleanstartup.com/principles

Cycle Lean Startup

Cycle Lean Startup

Ces itérations permettront de vérifier les hypothèses posées au départ du projet concernant les besoins des clients. Le Lean Startup se positionne comme une nouvelle méthodologie de gestion de projet, mais en réalité elle ne remet pas en cause la méthode classique. Cette dernière vise les moyens à mettre en oeuvre un produit désiré, tandis que le Lean Startup vise à définir les spécifications que devra avoir le produit. C’est très complémentaire, car le Lean Startup ne donne aucune indication sur la méthodologie à appliquer pour construire le MVP. En réalité, on peut appliquer simplement la méthode classique sur un produit simple à réaliser mais qui nécessitera tout de même une certaine coordination.

Combiner les méthodes Agiles au Lean Startup

D’un point de vue des méthodes Agiles, bien qu’elles veulent changer les approches traditionnelles, elles n’en sont en réalité qu’une adaptation de la gestion de projet traditionnel sur la manière d’atteindre un objectif: la satisfaction client. Le risque identifié est le suivant : sachant que le client ne sait pas toujours définir ses besoins, que les techniciens n’interprètent pas toujours très bien les besoins exprimés par les clients et par conséquent on obtient un produit final qui ne satisfait le client. Vous pouvez retrouver les principes des méthodes Agiles ici: http://agilemanifesto.org/iso/fr/principles.html

 

Itération Agile

Itération Agile

La solution apportée par les méthodes agile est donc de raccourcir les cycles de développement pour récupérer rapidement le feedback du client et adapter le produit en fonction (on est donc assez proche des recommandations du Lean Startup). La notion de projet change dans le vocabulaire Agile car le projet regroupe en réalité l’ensemble des itérations qui sont elles des mini-projets. Qui dit, mini-projet, dit moins de formalités et plus de pragmatisme. On se retrouve quelque part dans la notion de programme/projet mentionnée plus haut.

Apprenez à découvrir ces méthodes

Si on peut résumer les méthodes Agiles correspondent à peu de chose près à de la gestion de projet et de programme traditionnelles appliquées à une approche Lean Startup et ne constituent donc pas une nouvelle méthodologie en tant que telle et ne me remet pas en cause fondamentalement la tradition. Vous verrez rapidement qu’il y a beaucoup de choses que vous faisiez déjà intuitivement. La gestion de projet d’un point de vue général c’est surtout du « bon sens ».

Il ne faut donc pas en avoir peur, bien que d’un point de vue marketing elles se targuent de révolutionner le monde de la gestion de projet business. Elles constituent tout au plus un nouvel angle d’attaque, mais les fondements de la gestion de projet restent les mêmes. La transition vers ces méthodes modernes n’est par conséquent pas si compliquée qu’il y paraît. Le plus difficile restera toujours la résistance au changement !

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